Professeur Luc Montagnier: Le combat contre le sida nous a appris des choses sur les maladies dégénératives comme l’Alzheimer et le Parkinson.

Extrait d’une interview dans Magazine FORCES

En travaillant sur le sida, j’ai pensé que beaucoup de maladies chroniques qui ne sont pas considérées comme d’origine infectieuse pourraient également l’être. Des recherches en cours laissent penser que des agents bactériens seraient impliqués dans des maladies neurodégénératives comme le Parkinson, l’Alzheimer et la polyarthrite rhumatoïde. Il ne s’agit pas nécessairement d’agents nouveaux et hautement transmissibles, mais de bactéries intestinales, par exemple. Celles-ci pourraient se réveiller avec le vieillissement,

alors que nos défenses immunitaires et la production d’interférons diminuent. Avec l’âge, le thymus – un organe-clé pour apprendre aux cellules à se défendre – perd ses fonctions. Des bactéries pourraient donc plus facilement se développer ou émettre des toxines qui peuvent atteindre le cerveau. Avec la perte des défenses immunitaires due au vieillissement, il semble se mettre en place tout un mécanisme chronique qui pourrait avoir des effets au niveau des articulations, du cerveau et du circuit cardio vasculaire. On connaît une bactérie impliquée dans le cancer de l’estomac. Mais il y en a probablement d’autres qui peuvent notamment induire un stress oxydant, c’est-à-dire une situation où la cellule ne contrôle plus la présence excessive de radicaux oxygénés toxiques. Si on y ajoute la fumée, le tabac et une alimentation pauvre en fruits et légumes, tout cela favorise le stress oxydant et donc déprime le système immunitaire.

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