Culpabilité, culpabilité chérie !

Un sentiment qui me colle à la peau comme un animal affamé qui sait que je peux le nourrir ! Pourtant j’en ai lu des livres sur comment la lâcher cette culpabilité, j’en ai fait des séances de thérapie sur ce sujet! rien n’y fait : il faut que j’en fasse toujours plus ! J’ai longtemps cru que c’était cette culpabilité déplacée qui me faisait douter de la prise en charge de ma mère en maison de retraite, nul ne pouvait mieux s’en occuper que moi, n’est-ce pas ?  Je lui ai découvert depuis une fonction autrement positive, la vraie raison pour laquelle elle ne me lâche pas cette satanée coquine, ou pour être plus juste, pour laquelle je lui colle aux basques: elle est un rempart contre mon sentiment d’impuissance face à cette maladie. Tant que je peux faire quelque chose, je peux encore agir et me culpabiliser de ne pas l’avoir fait masque le fait que je ne peux rien contre l’inexorable! Ce n’est qu’en acceptant (de longues années après) de faire face à mon  sentiment d’impuissance que j’ai découvert que je ne l’étais pas tant que ça : ce qu’on fait est déjà énorme : on est des donneurs d’amour ! Et chacun fait comme il peut.

Bonne nouvelle, depuis que j’ai pris un peu de distance avec la culpabilité, je l’évalue un peu mieux : j’ai pu me rendre compte qu’en mon âme et conscience, j’ai vraiment fait mon possible, mais que oui il en reste une lichette associée au sentiment d’inquiétude qui m’éteint parfois, lorsque je quitte la maison de retraite : l’équipe n’est pas au complet, est-ce qu’on va bien s’occuper de ma mère ? est-ce qu’on va prendre un peu de temps pour essayer de lui donner à manger ? et non ce n’est pas un sentiment maladif de ma part, comme ont essayé de me faire croire les psy (même si c’est leur boulot de nous faire travailler dessus), parce qu’honnêtement quelle maison de retraite va accepter de vous dire « ben oui on n’a pas assez de personnel, on fait avec« , à la place on vous dit : « nous sommes en conformité par rapport aux quotas, elles sont deux pour 20 et ça se passe très bien, c’est juste une question d’organisation, faites nous confiance, tout le monde passe par un sentiment de culpabilité d’avoir laissé sont parent« . Si c’était un sentiment maladif, je le ressentirais tout le temps, or quand je laisse ma mère entre les mains d’Alessandra ou quand il y a les aides soignantes que je sais compétentes et attentionnées, je pars sereine et rassurée.

Alors si jamais vous ressentez ce sentiment béni, dites lui merci, n’écoutez pas les psy et changez de maison de retraite pendant qu’il est encore temps  ou mettez en place des solutions qui vous feront sentir « droit dans vos bottes » !

voir aussi le post : changer de maison de retraite

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