Tour d’horizon : maisons de retraite au Brésil

Il se trouve que le cousin de mon compagnon habite à Sao Paolo. Alors que je lui racontais les difficultés auxquelles j’étais confrontée dans la prise en charge de ma mère en maison de retraite, il évoqua la situation au Brésil :
« Par rapport aux EHPADs, je crois que ces établissements en France peuvent encore être considérés comme privilégiés. Ici à São Paulo (il y a trop de Brésils pour généraliser), seule 20% de la population peut se permettre le luxe de ne pas être trop mal traitée. 

Ceux sans resources financières n’ont malheureusement que peu de choix. Probablement une des raisons qui fait que tellement de gens vivent dans les rues, abandonnés à leur sort. Il existe cependant des ONGs, mais elles sont rares et malgré la bonne volonté de ceux qui y travaillent, il y a un manque de médecins, médicaments, nourriture, meubles etc…
L’avantage se trouve peut-être dans le fait que les familles n’ont pas vraiment d’autre choix que de s’occuper elles-mêmes de leurs vieillards. En ce qui concerne ce sujet, je ne suis pas assez bien renseigné pour affirmer quoi que ce soit mais je crains que ce ne soit pareil ou pire que la santé publique que je connais beaucoup mieux. 
La sante publique reflète les problèmes d’un état en faillite, d’autorités corrompues au point de se mettre en poche l’argent prévu pour l’achat de médicaments, d’ambulances, de nourriture, de seringues et produits de nettoyage.
Comme l’histoire d’une femme de 40 ans ayant eu un AVC, amenée par sa fille de 15 ans en bus au poste de santé et remballée chez elle – après 8 heures d‘attente – par le médecin qui lui avait ironiquement conseillé d’arrêter de boire (elle n’avait jamais bu une goute d’alcool de sa vie) est décédée en arrivant chez elle. Tant d’histoires comme celle-là m’ont été racontées, d’autres, j’en ai été témoin.
Les mêmes histoires se répètent dans les prisons. Et ceux qui ont un diplôme universitaire ou de l’argent vont dans une prison plus luxueuse si je puis dire. Il y a peu, une jeune femme ivre au volant a renversé et tué deux balayeurs de rue, elle s’en est tirée en payant l’équivalent à 3.000 euros…
Dès lors, j’en conclus que les personnes âgées, les malades et les prisonniers représentent la faiblesse du système, en quelque sorte, ils sont mis dans le même sac, celui des marginaux. 
La mort attend les vieillards dans les interminables queues des “postes de santé”; aux urgences, des heures d’attente et plus de 6 mois pour une consultation en ayant de la chance. Il est vrai que hors des grandes villes, apparemment, les choses sont plus rapides…je ne sais trop dans quel ordre…
Les EHPAD ne trouveront jamais leur place à São Paulo et encore moins dans les régions pauvres de l’un de ces Brésils.
Je peux me tromper mais j’ai l’impression que les autres pays d’Amérique Latine ont moins de difficultés à gérer leurs problèmes sociaux, étant plus petits que le Brésil, un géant bien difficile a gouverner. » DWB.
Difficile de se réjouir d’une telle situtation, mais elle nous rappelle que même imparfait notre système a le mérite d’exister. Que serait ma vie si ma mère n’avait pu intégrer une maison de retraite où on s’occupe bon an mal an des soins de base. Même si cela ne me console pas du tout, ma mère a de la chance d’être en France car il y a toujours pire ailleurs  ! Et ce n’est pas parce que c’est pire ailleurs qu’il faut cesser d’être vigilant ici.
Publicités
Cet article a été publié dans Maison de retraite. Ajoutez ce permalien à vos favoris.