Changer de maison de retraite ?

Ca m’a pris brutalement l’an passé, d’envisager cette solution, après une série de « couacs » et une petite goutte qui a fait déborder le vase : l’irruption intempestive à plusieurs reprises en l’espace d’un mois, d’une aide soignante dans la chambre de ma mère pour remettre des protections dans son armoire, sans frapper ni s’excuser de ce manque de politesse élementaire.  Le fait qu’elle avait les mains pleines suffisait à le justifier. Quelle importance puisque nombre de résidents désorientés font de même ? A chaque fois, je me suis sentie très mal et n’ai pas pu m’empêcher de me demander combien d’intrusions ma mère devait-elle subir quotidiennement ? Sans compter les énervements récents et le gouffre financier qu’impliquait la mise en place des auxiliaires de vie extérieures pour l’aider à manger et de l’art-thérapie. L’herbe serait-elle plus verte ailleurs?

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S’est ensuivi une nouvelle salve de visites, cette fois ci dans des maisons sélectionnées via un organisme  : cap retraite , sur des critères précis en fonction de l’évolution de la maladie (nombre de soignants par résidents, aide effective lors des repas, animations adaptées aux résidents des unités de vie protégées). Quatre maisons de retraite sont sorties du lot, je les ai visitées toutes et ai minutieusement noté les avantages et les inconvénients.

Dans les avantages : des organisations différentes qui font réfléchir :

  1. Dans la première maison visitée : ma mère ne fugue pas, ne crie pas , elle n’aurait pas été placée dans une unité de vie protégée et aurait bénéficié de plus d’attention de la part de soignants moins sollicités par des résidents plus autonomes (mais 1 soignant pour 10, je n’ai pas été convaincue par cet argument, car les résidents en veillissant perdent de plus en plus leur autonomie), pas de jardin, chambres sombres.
  2. Ma deuxième visite a été consacrée à un établissment spécifiquement dédié à la maladie d’Alzheimer: 2 soignants pour 12, le soignant travaille 3 jours de 8h00 à 20h00 avec roulement de 2 équipes, il y a moins de transmissions à faire car moins de personnes différentes qui s’occupent du patient. Activités thérapeutiques biquotidiennes : bains relaxants pour les plus angoissés, art-thérapie, musico-thérapie, zoothérapie et des sorties même quand la pathologie est avancée. (mais surcôut 3000€ par rapport au coût actuel, jardin tout petit).
  3. Dans La 3ème maison  2 aides soignants s’occupaient de 18 résidents en UVP, mais 3 soignants le matin donc plus de temps pour les toilettes, balnéothérapie, espace snoozelen, mais pas d’art-thérapie et jardin peu agréable) et des activités que ma mère n’aurait pas pu suivre : loto, quizz, revue de presse etc.
  4. Le 4ème établissement a organisé son UVP autour d’1 soignant pour 9 le matin et 1 pour 12 l’après midi, mais résout le problème de l’alimentation en mobilisant 2 soignants pour 4-5 personnes très dépendantes pour l’aide au repas. Au programme des activités quotidiennes : coloriage, animations sensorielles, gymnastique douce, écoute musicale, massages, zoothérapie (mais le jardin n’était pas agréable et les chambres un peu sombres).

Des inconvénients majeurs qui m’ont fait peser le pour et le contre très attentivement :

  1. Des démarches lourdes qui peuvent ne pas aboutir : ma mère ne marchant plus, il aurait fallu commander une ambulance pour la visite de préadmission (un seul établissement m’a proposé de venir la voir sur place) avec le risque de se voir refuser l’admission car trop dépendante pour envisager un transfert. Par ailleurs, devoir demander au médecin traitant de l’EHPAD de remplir son dossier est toujours délicat, même si je ne mets personne en cause, vouloir partir c’est que quelque chose ne va pas. Et si on essuie un refus de la part de la maison de retraite démarchée ? 1er constat : si on veut changer de maison de retraite, mieux vaut le faire le plus tôt possible dès qu’on détecte des dysfonctionnements, quand la personne est encore mobile.
  2. gérer le traumatisme du changement : une nouvelle période d’adaptation est à prévoir.
  3. On sait ce qu’on quitte, on ne sait pas ce qu’on trouve.
  4. Le surcoût de certaines de ces maisons  : supérieur de 1000 à 3000€ (surtout avec activités biquotidiennes), je vais tenir quelques mois en dilapidant les dernières économies de ma mère et après on fait quoi ? un autre changement ?

Après de nombreuses tergiversations, j’ai préféré la laisser là où elle est plutôt que de prendre le risque de changer d’endroit et me rendre compte après coup que la réalité ne correspondait pas à celle que l’on m’avait annoncée ou encore d’entreprendre les démarches pour m’entendre dire que ma mère n’est pas transférable. Mais j’ai renforcé la présence extérieure de personnes qui non seulement sont sélectionnées pour leurs compétences mais qui en plus sont payées pour ne s’occuper que de ma mère avec un surcôut également plus gérable.

Beaucoup de bruit pour rien ? Ces démarches m’ont été utiles pour décider en toute connaissance de cause.   Finallement ce n’est pas si mal où elle est avec quelques aménagements! Ne serait-ce que de vérifier ce point, ça valait le coup de dépenser toute cette énergie.

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