Accompagner malgré tout, même en étant malade !

Un des symptômes de la maladie de Lyme est une fatigue chronique et un état d’épuisement permanent. Avant d’être diagnostiquée, j’ai longtemps cru que mon état  était du au stress permanent dans lequel on se trouve quand on est aidant depuis des années. Peut-être l’état de stress a-t-il contribué à une baisse du système immunitaire qui a permis à l’infection de prendre de l’ampleur, ce n’est pas le débat de savoir qui de l’oeuf ou de la poule, mais comment accompagner quand on est soi-même vidé de toute son énergie et que la vue des autres résidents tout aussi mal en point que votre parent est une source de stress supplémentaire ?

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Je n’ai hélas pas de réponse parfaite à cette question: la première chose évidente c’est d’aller voir ma mère à un moment de la journée où j’ai plus d’énergie, en général plutôt dans la journée que le soir. Ensuite, j’évite  de prévoir des rendez vous ou des activités contraignantes quand je reviens d’une visite à la maison de retraite. En général je prends un thé, m’octroie une petite sieste et surtout je ne culpabilise plus de ne pas pouvoir vaquer à mes activités quotidiennes comme d’habitude, appeler des amis au téléphone car même parler me fatigue, et à fortiori sortir le soir. Je me suis organisée pour y aller 3 fois par semaine : le dimanche, le lundi et le jeudi, ce qui me permet d’avoir 2 jours de pause consécutifs pour me ressourcer. Un petit bain relaxant est le bienvenu et tout bêtement ne pas veiller trop tard parce que je n’ai pas eu le temps de faire tout ce que je voulais. Ca c’est pour le physique ! Pour ce qui est du moral c’est tout aussi important. Aller voir ma mère en étant au plus bas, n’est pas bénéfique pour elle, je sais qu’elle ressens mon inquiétude, il y a un phénomène d’osmose que je ne saurais expliquer mais qui est bien réel. Dans ce que j’ai pu expérimenter c’est la qualité de présence qui est la plus importante. Prendre un instant pour me poser avant de pénétrer dans sa chambre, respirer profondément et vivre le moment présent. Alors malgré la fatigue,  il y a des moments de grâce où le temps suspend son cours, c’est comme une méditation, je mets de côté ce qui m’occupe pour vivre quelques moments avec elle, centrée sur elle. Respirer à son rythme, respirer profondément et être là présente pour elle, avec elle comme je peux et comme je suis. Et quand ce petit miracle se produit, je suis en paix et la fatigue s’évanouit !

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