Chutes et autres accidents de lit

Les chutes sont malheureusement monnaie courante ! Soit elles sont dues au vieillissement ou à des prises médicamenteuses, parfois à la malchance tel ce dimanche de mai 2014, 7h40 où la sonnerie du téléphone a déchiré mes rêves: on envoie ma mère aux urgences, elle a chuté du lit et a un gros hématome. J’enfile rapidement ce qui me tombe sous la main et me rue à la maison de retraite pour l’accomagner aux urgences. Je passe sur les détails de sa prise en charge aux urgences que je commenterai dans un autre article. Diagnostic : fracture du plancher sous orbitaire.

Le premier choc passé, j’essaie d’en savoir plus: une des barrières de protection a lâché et ma mère a été retrouvée par terre par la garde de nuit.  Réunion avec le staff de la maison de retraite pour comprendre ce qui s’est passé, l’équipe de maintenance a vérifié le fonctionnement du lit, il était en parfait état de marche, il semble que la barrière n’ait pas été enclenchée à fond. L’erreur est humaine, un drap a pu s’intercaler dans le mécanisme, une inattention,  c’est la première fois que cela arrive en 40 ans m’a-t-on assuré. « Que faire pour que cela ne se reproduise pas » ai-je demandé ? « On va briefer les aides soignantes et faire un protocole avec photos » m’a-t-on répondu. Quand même je ne suis pas rassurée. Je décide de contacter le fabricant : « ne pourrait-on pas mettre un dispositif d’alarme sonore ou visuelle en cas de mauvais enclenchement de ces barrières ? »  « Ce n’est pas possible sur le plan technique. » m’a-t-on répondu. J’avoue que j’ai du mal à comprendre pourquoi : les  ceintures de sécurité de nos voitures ne bipent-elles pas quand elles ne sont pas mises ? Et avec la vague des objets connectés en vogue en ce moment, cette idée pourrait très bien figurer dans le planning des bureaux d’études.

Voici les solutions suggerées par le fabricant de lit médicalisé:  faire un contrat de maintenance (inutile dans le cas de ma mère, des agents de maintenance sont présents dans la résidence), ou remplacer le lit actuel par un lit anti-alzheimer.

Qu’est-ce qu’un lit anti-alzheimer ? c’est un lit qui peut être descendu plus bas que les autres lits, presque au ras du sol.  La barrière de protection peut encore lâcher,  si la personne tombe, elle tombe de plus bas et se fait moins mal. Encore faut-il que l’on n’oublie pas de descendre le lit.

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Non contente de cette réponse j’ai également contacté le syndicat des fabricants de dispositifs médicaux, le Snitem qui m’a fait une réponse polie sans donner suite à ma proposition. J’ai également fait un signalement auprès de L’ANSM qui a mis en place une matériovigilance relative aux chutes et/ou piégeages liés aux barrières de lits. Ils font l’objet d’un traitement spécifique de manière à rendre possible une étude globale du risque.

http://ansm.sante.fr/Dossiers/Securite-des-lits-medicaux/Risque-de-chute-et-ou-piegeage-lie-aux-barrieres-de-lit/(offset)/1

Quelques mois après, la maison de retraite a équipé la chambre de ma mère ainsi que quelques autres avec ces fameux lits anti-alzheimer. Seule solution actuellement proposée, mais le problème n’est pas résolu. Récemment, alors que je donnais à boire à ma mère alitée, je me suis appuyée sur la barrière de protection et même topo, elle a cédé : à nouveau, elle n’était pas bien enclenchée et le lit était remonté en position haute. Le contenu du verre s’est répandu sur le drap, un moindre mal ! Nouveau signalement auprès des aides soignantes. Ce n’est pas grave car ma mère ne bouge plus trop maintenant, mais d’autres résidents pourraient avoir le même problème. Il s’agit d’un autre fabricant, je peux tenter ma chance et lui proposer la même idée.

Autres problèmes de lit : l’espace entre les barrières de protection. L’an passé ma mère y a coincé son pied: résultat : fracture de la malléole, 6 semaines de plâtre, elle n’a plus remarché. Quelques jours plus tard, des élements de protection ont été installés sur ces barrières de façon à occulter l’espace qui rendait possible le passage du pied.

Que faire :

Pour les chutes de lit et accidents dus à la barrière : ne pas hésiter à faire un signalement auprès de l’ASNM, c’est le nombre d’accidents signalés qui fera peut-être bouger les choses.

Si elle ne sont pas déjà installées : demander des protections pour les barrières de lit comme celles qui figurent sur l’illustration ci dessous.

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Pour les hématomes voir l’article sur la puissance de l’arnica.

 

 

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