Les dents de ma mère : des difficultés à maintenir une hygiène dentaire en institution

Autre sujet de préoccupation quand maman est arrivée à la maison de retraite: le lavage des dents. Comme elle ouvrait la bouche avec parcimonie, il ne fallait pas rater l’occasion que ce soit pour l’alimenter, pour laisser passer la brosse, ou pour sourire au dentiste.

Je passe sur la visite chez ce dernier, lors de son entrée en institution qui a préconisé uniquement en regardant la radio panoramique (puisqu’elle n’a jamais voulu ouvrir la bouche) , l’extraction de nombreuses dents. Ceci impliquait, puisqu’elle n’allait pas coopérer, une hospitalisation sous anesthésie générale et donc un énorme traumatisme.

Heureusement, j’ai une amie dentiste à qui j’ai envoyé la radio et qui après l’avoir analysée avec plusieurs de ses collègues m’a conseillé de ne rien faire.

Evidemment, enlever les dents simplifie un peu le problème de l’hygiène dentaire, mais les personnes âgées sont alors abonnées aux plats mixés….

Encore un noeud gordien qu’il a fallu trancher ! j’ai opté pour la solution maintien des dents avec beaucoup d’interrogations à la clé vu l’odeur qui se dégageait de la bouche de ma mère.

Je n’ai jamais réussi à savoir exactement comment et quand étaient prodigués les soins dentaires, je pensais qu’elle en avait matin et soir. J’en ai eu le coeur net lorsque j’ai interrogé un soir une intérimaire qui m’a répondu : « ah non, on n’a pas le temps, on fait le bas, pas le haut! ». Au moins c’était clair! Donc soin le matin et encore pas tous les matins car en cas de refus, les aides soigantes ne forcent jamais les personnes à faire des choses contre leur gré.

J’ai fini par savoir que a mère bénéficiait quand c’était possible d’un soin de bouche avec des bâtonnets, ou le plus fréquemment  sur les conseils du dentiste d’un rinçage de bouche avec de l’eau additionnée de dentifrice.

Les soins de bouche sont donc devenus systématiques lors de chacun de mes passages et j’ai très bien compris pourquoi les aides soignantes n’insistaient pas: j’ai souvent eu envie de piquer une crise devant la complexité de ce soin et ne m’occupant que de ma mère, alors imaginez quand le problème est multiplié par 10 !

Et j’en ai cherché des solutions ! En essayant de prévenir la formation de tartre chez mon chat, j’ai découvert un produit qui a été également développé pour les humains : proden-plaque off, mais il est distribué sous forme de pilules, et impliquerait du boulot en plus pour l’infirmière, contacter le médecin pour qu’elle l’inscrive dans les soins à apporter (pas sûr qu’elle accepte). Donc compliqué à mettre en oeuvre et aucun retour sur l’efficacité. J’ai aussi phosphoré sur le chewing gum dentifrice, pas longtemps: irréaliste, qui va prendre le temps de faire cracher le chewing gum à ma mère ? effice uniquement en brossage du midi si on n’a pas le temps de se laver les dents ( voir l’article : Que faut-il penser des chewing gums dentifrices)

Ci dessous quelques stratégies qui ont marché pour moi.

  • Chanter : ce qui la rassurait, mais tout le monde n’a pas envie de chanter
  • Insérer la brosse tout doucement entre ses lèvres pour lui rappeler ce contact et souvent elle se laissait faire. Se rincer la bouche ne lui posait pas de problèmes.
  • Utiliser des bains de bouche aux huiles essentielles type weleda, ou encore des sprays. Mettre une goutte d’huile essentielle de Tea Tree sur une gencive qui semblait enflée, où là ou une dent était tombée.

Cela dure ainsi depuis 2011 avec des visions d’horreur à chaque fois que je découve qu’une nouvelle dent est tombée. Lors de la dernière visite chez le dentiste en 2015 (un autre que celui consulté lors de son entrée en maison de retraite), il m’a à nouveau conseillée, vu son âge et sa fragilité, de ne rien faire.

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octobre 2012                                         septembre 2015                    mars 2016

Depuis quelques temps je lui donne du kéfir à boire, à cause des problèmes intestinaux, une boisson pleine de probiotiques et là je me suis demandé si ces probiotiques pourrait aider à maintenir tant bien que mal l’hygiène dentaire.

Il y a eu peu d’études sur le sujet, mais j’ai trouvé cet article : Source : Les probiotiques et la santé buccale . Et il semble que oui, ça diminue les caries, la parodontose et la candidose. Donc en guise de digestif, une petit verre de kéfir! Affaire à suivre.

Dans un article paru dans la Croix le 24/1/2017 : Se brosser les dents pour éviter la maladie d’Alzheimer ? indique qu « En 2013, des chercheurs californiens ont conclu que les femmes qui ne se lavaient pas les dents tous les jours avaient 65 % plus de risques de développer une démence. « On pense que les bactéries liées aux maladies des gencives pourraient pénétrer dans le cerveau, y causer une inflammation et l’endommager », a expliqué une des auteurs. Tout en se gardant « d’en conclure qu’il y a une corrélation définitive entre hygiène buccale et maladie d’Alzheimer ». Pas de corrélation définitive donc. »

Mon petit commentaire : si cette hypothèse s’avérait juste, la conclusion qui s’impose est que le manque de prise en charge de ce soin élémentaire en maison de retraite pourrait accélérer la maladie.

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