Ce qui m’a aidée en tant qu’aidante

J’ai participé une fois à un café des aidants, mais je n’en suis pas sortie convaincue. Il est vrai que c’est un espace de parole important, mais que j’avais déjà puisque j’étais en thérapie. Et puis je n’avais pas envie de passer le peu de temps libre qui me restait à parler encore de « ça » alors que j’aurai pu me ressourcer avec d’autres activités. J’avais besoin de pistes concrètes pour accompagner mes parents dont l’état de détresse me vampirisait.
A l’époque, France Alzheimer organisait des formations payantes pour les soignants auxquelles pouvaient participer les aidants. Aujourd’hui une formation gratuite est accessible aux aidants familiaux.

http://www.francealzheimer.org/actions-d%C3%A9stin%C3%A9es-aux-aidants/la-formation-des-aidants/185

Ce qui a tout changé dans ma façon d’accompagner c’est sans conteste la méthode de la validation de Naomi Feil. J’ai participé à une dizaine de cession organisées par Kathia Munsch où j’ai appris à écouter. Les jours où je ne venais pas voir mes parents, mon père m’appelait pendant environ 30 minutes pendant lesquelles il se plaignait : de sa journée, des humeurs de ma mère, des aides à domiciles. Ne supportant pas ses plaintes et son désespoir qui me renvoyaient à mon impuissance, je l’interrompais souvent pour lui proposer des solutions. Cela l’énervait. Nous raccrochions mécontents tous les deux. « S’il ne pouvait pas se confier à sa propre fille, alors à qui ?  » me disait-il souvent. J’ai juste appris à le laisser parler sans l’interrompre, parfois en éloignant un peu le combiné de mon oreille, pour établir une distance émotionnelle symbolique. De l’autre main, je coloriais des mandalas pour m’apaiser.

J’ai appris à lui demander « en quoi je peux t’aider? » pour l’entendre me répondre avec surprise « en rien », il voulait juste être écouté et entendu !

Cette méthode m’a vraiment permis de porter un autre regard sur les personnes âgées désorientées, sur mes parents, sur vieillir. Je déplore qu’elle ne soit pas assez connue et proposée systématiquement à toutes les personnes qui s’occupent des personnes âgées, notamment les soignants. Dans l’établissement où est ma mère, seule une psychologue a suivi cette formation, « c’est génial! » m’a-t-elle dit; mais je pense qu’il s’agissait d’une démarche personnelle. C’est déjà ça !

Kathia Munsch-Roux

D’autres aides :

Les amis bien sûr, mais pas les amis fessi-fessa qui reproduisaient exactement le comportement que j’avais avec mon père. Des amis qui pouvaient m’écouter avec bienveillance. On est irritable, on est fatigué, on se plaint tout le temps, on ne sait pas comment s’en sortir, c’est humain!

Parmi les phrases qui m’ont « touchée » celle de ma cousine Cristina qui habitait au Canada : « est-ce que tu veux que je vienne rester avec tes parents pendant que tu pars te ressourcer une semaine ? » Je n’ai pas accepté, mais cela m’a ému.

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